Les statistiques avancées – Par Rule-X

Bonjour.

Depuis le départ de Subban, beaucoup de monde se permet des commentaires sur la transaction. Dans mon entourage, seulement une minorité est indifférente. Sinon, on frôle la bipolarité. Ceux qui sont en accord avancent des arguments intangibles comme le leadership, le « grit » et le « mental toughness ». Ceux qui sont en désaccord se basent principalement sur les statistiques avancées pour justifier leur point de vue. Dans tout ce vacarme, j’entends quelques personnes questionner l’utilité et la supériorité des chiffres comparativement aux autres variables, mais j’entends très peu de gens questionner les données elles-mêmes et leur méthode de collection. (À la limite, on parle d’échantillon). Et je ne fais pas uniquement allusion à la fiabilité des données, j’estime seulement que la méthodologie d’une recherche, peu importe la discipline, est autant, sinon plus importante que tout le reste. Des conclusions obtenues avec des données qui ne sont pas fiables, ça donne toujours des résultats qui ne sont pas fiables. Et des conclusions tirées à partir d’un échantillon peu représentatif, ça donne des résultats approximatifs. Et ça arrive plus souvent qu’on ne peut l’imaginer. Mon point, c’est que le sujet n’est pas abordé (la méthodologie) lorsqu’il est question des statistiques avancées, même s’il le devrait…

Dans l’ensemble, plusieurs personnes ont une bonne compréhension du phénomène et du rôle des statistiques avancées. Le danger, c’est de s’attarder longtemps aux chiffres et seulement aux chiffres. C’est possible d’établir un cadre de référence objectif, mais le défi de la collecte de données réside souvent dans la subjectivité. Bien sûr, les programmes informatiques ont atténué le facteur humain relié à l’analyse de données dans le monde du sport sauf qu’il n’en demeure pas moins que celui qui exécute la codification de données et celui qui interprète les données, par exemple, présentent aussi des biais, qu’ils soient sociaux, professionnels ou culturels. Et il n’est pas rare de voir que des données sont laissées de côté parce qu’elles ne prouvent pas le point que l’auteur veut défendre. (Il faut croire qu’on n’accorde pas tous la même valeur à l’éthique!). Dans le cas de la transaction Subban-Weber, je me demande simplement pourquoi on accorde plus de valeur à certaines données que d’autres. Les joueurs ont chacun leurs forces. Il s’agit de voir comment ils vont les actualiser avec leurs nouvelles formations.

Autre chose. Quand j’entends l’expression « on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres », ça sonne bizarre à chaque fois parce que j’ai toujours eu l’impression qu’on se servait des chiffres pour justement éviter de dire n’importe quoi. Premièrement, ça ne peut pas être une justification. C’est un argument impossible à démontrer. Et ça ne fait aucun sens. En plus, les gens oublient souvent en lisant seulement les conclusions d’un papier qu’il est préférable d’évaluer l’objectivité de la recherche, de trouver qui en est le commanditaire avant de mettre l’auteur sur un piédestal ou sur un bûcher. Dans le cas du hockey, il faut considérer que les études sur les statistiques avancées sont des produits qui sont à vendre, autant pour les individus qui les produisent que les compagnies qui les supportent et les sites web qui en font la promotion. Ces gens font ça pour vivre. Alors, forcément, on choisit les éléments qui frappe l’imaginaire avant publication. Deuxièmement, si on utilise cet argument pour démontrer qu’un individu fait dire aux chiffres ce qu’ils ne disent pas et bien, dans les faits, ça prouve justement qu’on ne peut pas réellement leur faire dire n’importe quoi! Et troisièmement, en poussant le raisonnement à l’extrême, si on pouvait faire dire n’importe quoi aux chiffres, je pourrais dire que le Canadien a obtenu le meilleur défenseur de la LNH (ou le pire, c’est selon) en échange de Subban. Et si c’était vraiment le cas, on trouverait sûrement une façon de faire dire aux chiffres que le club montréalais a connu une bonne saison l’an passé… (*Toussotements). On voit bien, juste à voir, que cette expression sert la cause de ceux qui sont à cours de justification.

À la fin, on peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres. C’est vrai. Mais une chose est certaine, on ne peut pas leur faire dire n’importe quoi. Les chiffres servent essentiellement à nuancer une situation, à apporter un éclairage différent, pas nécessairement à brosser un tableau complet. Je crois en l’apport des statistiques avancées dans le monde du hockey mais pas jusqu’à leur donner toute la place. Sauf que si on veut donner quand même donner toute la place aux statistiques, à la base, il faut considérer plusieurs facteurs dans l’appréciation de ces données, notamment au niveau méthodologique, que ce soit d’ordre quantitatif ou qualitatif …

Rule

3 thoughts on “Les statistiques avancées – Par Rule-X”

  1. Excellente réflexion… qui devrait être appliqué à chaque fois que nous lisons un texte et pas simplement pour des statistiques de hockey. La critique externe d’un texte est tout aussi importante, et parfois plus, que la critique interne. Elle permet aussi d’avoir une opinion à soi ; plutôt que d’être le simple vecteur d’un consensus universel.

    1. Exactement mon point. Il faut être au moins capable de questionner la manière d’obtenir les résultats. Pas nécessairement pour critiquer la fiabilité. Pour aider à mieux comprendre comment les données sont collectées et codées et pour mettre les choses en perspective. De la façon dont je vois les choses, on s’attarde beaucoup aux conclusions mais on oublie de parler du reste. Pourtant, le processus et la démarche sont aussi importants que les résultats…

      1. Voila, j’aime ton texte. Il y a plusieurs façon de voir la possession, Christopher Boucher et son groupe, mesure le temps exacte que le joueur a la rondelle sur sa palette, mais pour d’autre c’est les Corsi, souvent basé sur celle de l’équipe quand le joueur est sur la glace. Un joueur qui joue avec Pacioretty a des chances de voir ses stats de possession augmenter, car MaxPac est 3e dans la ligue pour le nombre de lancer sur les gardiens, les Corsi prennent en plus les lancers bloqué et ceux a coté du filet.

        Si les fameuses stats de possession de Subban sont du aux Corsi, lui qui jouait plus souvent qu’autrement quand Pacioretty était sur la glace en plus d’être le « go to man » en PP. C’est normal que l’ont disent que Subban était bon en possession. Il ne faut pas oublier aussi que si le PP dure 1 minute du a un but compté, est moins bon pour la possession que si le PP dure 2 minutes avec 2 ou 3 lancers en direction du filet de plus. C’est dans ce sens la que des gens disent quand peux faire dire ce qu’on veut au chiffre, mais comme tu dis il faut en savoir plus. Ceux qui parle de possession ne disent pas d’ou ca viens ni si c’est basé sur les Corsi, qui est le plus souvent le cas. Les chiffres de possession de Subban et de Weber ont de grandes chances de changer et de se rapprocher, selon moi.

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